Vous avez dis boisement alluvial ? Qu'est ce que c'est...

Quelles différences entre les forêts de bois tendre et de bois dur ?

Comme leur nom l’indique, les boisements alluviaux de la Loire sont des habitats naturels situés en bords du fleuve et par conséquent adaptés à cette proximité à l’eau. Selon différents paramètres (relief du terrain, granulométrie du sol, débit, fréquence et durée des inondations, remontées de nappes), la Loire crée des gradients d’humidité variables qui conditionneront le développement de la végétation. 

Succession
Les forêts de bois tendre : les premières colonisatrices des berges

Au plus près du lit de la Loire, sur les bancs de sable instables et longuement inondés, s’installent tout d’abord les saulaies arbustives. Elles sont constituées d’espèces pionnières (saule cendré, s. pourpre) qui ont la capacité de s’enraciner rapidement à partir de graines ou de branches transportées par le courant et de supporter les inondations prolongées. Quelques années plus tard, les saules ont grandi et forment des petits fourrés arbustifs puis des futaies qui piègent les alluvions lors des crues par « effet peigne », ce qui réhausse le sol de quelques centimètres. 

Après plusieurs dizaines d’années, la poursuite de la maturation des boisements conduit au remplacement progressif des espèces pionnières par des espèces pouvant s’installer sous le couvert d’autres espèces, ce sont les saulaies arborées composées de saule blanc, les peupleraies et les aulnaies. Ces habitats marquent une transition vers la stabilité, ils « préparent le terrain » pour des boisements plus durables, les forêts de bois dur.

Les forêts de bois dur : boisements matures 

Moins dépendantes de l’eau, sur des parties plus hautes ou plus éloignées du fleuve, s’installent les essences à bois dur comme le frêne élevé, l’orme champêtre et le chêne pédonculé. La grande durée de vie des peupliers et les aulnes peuvent leur permettent de s’y maintenir. De nombreuses autres essences viennent enrichir des boisements comme l’orme lisse, l’érable, l’aubépine, le cornouiller sanguin, le noisetier ou encore le noyer.

Richesse et fonctionnalités

Les boisements alluviaux accueillent une biodiversité riche et diversifiée notamment en arbres (certains remarquables comme l’orme lisse et le peuplier noir), arbustes, arbrisseaux et espèces de sous-bois. Ce sont également des lieux privilégiés de reproduction et d’alimentation de nombreux animaux, tels que le balbuzard pêcheur, le milan noir, le castor d’Europe ou encore d’insectes qui vivent du bois comme le grand capricorne et la lucane cerf-volant. Les boisements alluviaux constituent des corridors biologiques de première importance pour la plaine alluviale de la Loire mais également pour les déplacements des espèces avec les territoires voisins !

Ils remplissent en outre des fonctions essentielles, d’autant plus essentielles dans le contexte de changement climatique auquel nous devons de plus en plus faire face, telles que la stabilisation des berges, la limitation des érosions, le ralentissement de l’écoulement en cas de crues ou encore l’épuration de notre eau potable par filtration des nitrates et phosphates présents dans la nappe alluviale.

Équilibre fragile

Les boisements alluviaux sont fragilisés par toute modification du cours du fleuve. Si l’on prend l’exemple de l’enfoncement du lit de la Loire constaté depuis plusieurs décennies, celui-ci a pour conséquence de réduire la largeur du lit majeur du fleuve : les inondations et la nappe alluviale ne peuvent plus rejoindre les milieux naturels adjacents (plages, boisements alluviaux et boires) qui se retrouvent hors de portée et qui vont alors s’assécher. Les arbres de bois tendre ne peuvent plus se maintenir sans eau et sont remplacés par les arbres de bois dur ou par des espèces exotiques comme le robinier faux-acacia qui est rapidement envahissant.

Les boisements alluviaux sont fortement dépendants du fleuve, préserver la dynamique fluviale est un enjeu majeur. 

Artificialisation

 

 

Le peuplier noir : essence emblématique des ripisylves de la Loire.

Avec une hauteur de 25 à 30 m, il est l’un des arbres les plus importants du paysage ligérien. Il peut vivre plus de 200 ans mais chaque naissance est un petit miracle. En effet, les graines ont une courte durée de vie. Pour germer, il leur faut l’aide des crues qui les déposent sur les rives en même temps que les sédiments et assurent une humidité suffisante.  Puis les minuscules plantules vont allonger leurs racines au fur-et-à mesure que le niveau d’eau va baisser et que les plages vont s’assécher. Sécheresse brutale ou brusque remontée d’eau et c’est la fin des semis ! Ceux qui seront devenus suffisamment robustes pour supporter les crues de fin d’année pourront s’implanter durablement sur les berges. On croit parfois à tort que le peuplier déstabilise les berges mais contrairement aux variétés cultivées, le peuplier noir naturel s’est adapté aux cours d’eau. Il possède un système racinaire très puissant et très dense qui fixe les berges.